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Raymond Boudelot est né à Vignory, au domicile de ses parents, Rue de Pierre, le 28 mars 1892 à 20 heures. Fils de François, manouvrier, et de Julie Dubosque, sans profession, ll effectue sa scolarité sous l' autorité d' Alfred André, alors instituteur du village.

Affecté à l' âge de 20 ans; en 1912, au 69e Régiment d' infanterie de Nancy, son service militaire se termine en 1914, quelques semaines avant le mois d' aout et le début de la guerre. Comme plusieurs hommes de Vignory, il part pour la caserne Molitor du 79e RI de Nancy, un régiment de la célèbre « Division de fer » du 20ème Corps d' armée. Dés le début de la guerre,et jusqu' au mois de septembre , le 79e ou Raymond est affecté au premier bataillon, première compagnie, se livre à de terribles combats pour protéger la retraite des armées francaises sur le Grand Couronné de Nancy et empécher les allemands de prendre la ville. Par exemple la journée et la nuit du 20 aout ou « Nous voyons passer quelques rescapés du 1er bataillon, dont trois compagnies se sont fait hacher bravement dans Lindrezing par les obusiers ennemis, autour de leurs commandant ( Craman Pierre) et de leurs officiers. Ces isolés se sont sauvés à grand peine du trou d' enfer que constituait pour eux ce village perdu dans un fond couronné de crêtes, sur lesquelles les batteries allemandes ont pu s' installer dans la nuit, écrasant, de là, les maisons une à une. Ils nous racontent que leurs compagnies sont détruites, que tous les chefs sont morts ou prisonniers » ( Capitaine Delmas, Mes hommes au feu, Payot 1931). Jusqu' au 26 aout l' armée se réorganise puis reprend l' offensive et Raymond se bat à Deuxville, Frescati puis le col d' Anthelupt jusqu' au 8 septembre date à laquelle Nancy sera définitivement sauvée et le 20e Corps cité à l' ordre de l' Armée. Dés la fin de septembre ce seront de nouveaux combats sanglants en Picardie, puis durant cinq mois en Belgique, dans le froid et la pluie continuelle « Pendant ces 5 mois, beaucoup de camarades sont tombés. Beaucoup de jeunes de la classe 14 qui voulaient à tout prix voir les gens d' en face ont été tué d' une balle dans la tête. Beaucoup aussi nous ont quittés, évacués pour pieds gelés. » ( Historique du 79e RI ). En avril et mai 1915, ce sont de nouvelles offensives en Artois, à Vimy et Neuville- Saint-Vaast ou le Régiment par ses assauts et ses sacrifices répétés gagnera une citation à l' ordre de l' armée. Suivent plusieurs mois en Champagne dans le secteur de la Butte du Mesnil à subir les bombardements et les tirs ennemis et « à la fin l' eau toute puissante, triomphante, découvrant les cadavres, faisant crouler les boyaux » ( Historique 79e RI). Quelques courtes semaines de repos en Lorraine, ou le lieutenant colonel Mangin remplace le Lieutenant Colonel Pétin à la tête du régiment, puis le 25 mars 1916 c' est la montée en ligne à Verdun ou l' héroique résistance aux attaques répétées des allemands jusqu' au 12 avril, vaudra au 79 une nouvelle citation, cette fois à l' ordre du 20ème Corps. Malgré les centaines d' hommes déjà tombés, Raymond à cette date est encore indemne bien que son bataillon ait été quasiment anéanti les 9 et 10 avril précédents à la cote 304, et après six semaines de repos au sud d'Amiens, il remonte en ligne dans la Somme avec son Régiment dés le 1er juin. Tout le mois sera consacré aux travaux sur le secteur de Maricourt- moulin de Pargny. Le mois de Juillet, offensif, verra Raymond et son bataillon progresser, conquérir le village de Hem, puis le défendre contre les contre attaques ennemies. A la fin du mois de juillet et après quelques jours de repos, l' offensive reprend devant Maurepas ou va se terminer l' histoire de Raymond : « Il s' agit de déborder le village qui résiste à toute attaque. Il faut enlever la tranchée de la Lipa et le noeux de boyaux qui flanquent ce bastion. Plusieurs fois vous bondissez, l' ennemi sans cesse vous repousse. Tenaces vous revenez à la charge et le 9 aout à 13heures, vous brisez enfin cette résistance. » ( Historique du 79e RI)

Tombé le 08 aout à la tranchée de la Lipa, Raymond n' assistera malheureusement pas à cette prise de Maurepas. Il repose au cimetière de Vignory ou son corps a été ramené le 14 novembre 1921.

 

Un hommage particulier lui a été rendu le 11 novembre 2009 par la municipalité et les habitants de Vignory.

 

hommage 112009